Here is the first of two articles on La Presse ( #1 newspaper in MTL) concerning Toronto. The second one will be on tomorrow's edition. If you can read french, it is a very interesting article.
Le vendredi 26 janvier 2007
Toronto, la cool
Marie-Claude Lortie
La Presse
Pendant que les Montréalais la snobent ou l'ignorent bêtement, Toronto est en train de devenir une ville aussi vibrante, culturellement parlant, que Montréal. Et peut-être même plus, à certains égards...
Style et mode de vie
«Toronto a beaucoup changé depuis que je suis arrivée en 1991», dit Lisa Corbo, copropriétaire de George C., une boutique de Yorkville où l'on retrouve des designers de grand calibre, à la fine pointe de la tendance, comme Costume National ou Derek Lam. «Les gens sont beaucoup plus conscients de l'importance du style et du design. Ils sont aussi plus soignés qu'avant», poursuit-elle.
En outre, note cette Canadienne d'origine australienne qui a longtemps vécu en Italie, les Torontois se sont longtemps fiés aux grandes marques pour être chic et ces griffes sont effectivement bien présentes à Toronto. Les occasions de shopping, pour les amateurs de ce genre de produit (et qui ont le budget adéquat) y sont donc pas mal plus nombreuses qu'à Montréal.
Mais plus ça va, et plus les Torontois veulent se démarquer de ces chaînes trop connues, croit Mme Corbo. «Quand on investit beaucoup dans des vêtements, on ne veut pas avoir les mêmes choses que tout le monde.» D'où l'émergence de plus en plus de petites boutiques indépendantes. «Quand je suis arrivée ici, les gens me fixaient dans la rue parce que je portais du Gaultier ou du Vivienne Westwood. Ça n'arrive plus maintenant. Les Torontois ont compris qu'il n'y a rien de mal à vouloir être élégant. Au contraire.»
Art de vivre
À Toronto, la scène des arts visuels est extrêmement vivante, comme on peut le constater en visitant les galeries de la rue Queen Ouest ou en allant aux hôtels Drake et Gladstone.
Le premier qui a lancé le bal est le Drake, ouvert il y a trois ans par Jeff Stober, amateur d'art visuel et de design originaire de Montréal, qui a fait fortune dans l'informatique. Paradoxalement, cet hôtel est autant destiné aux voyageurs de passage qu'aux gens du quartier, car le Drake, c'est aussi un restaurant, un bar, une salle de concert pour les groupes émergents de Toronto et un lieu d'exposition pour les artistes locaux, sans parler de l'artiste en résidence qui y séjourne et des événements ponctuels qui y sont organisés. Deux personnes y travaillent à temps plein pour dénicher des musiciens pour les concerts, pendant qu'une autre se consacre à la gestion des oeuvres d'art.
Fou?
Ce qui est vraiment fou, c'est que la ville a les moyens de faire vivre DEUX hôtels de ce type, puisque le Gladstone y a ouvert l'an dernier, à deux coins de rue du Drake, et propose lui aussi un lieu de rencontre pour les artistes, les voyageurs, les gens d'affaires qui veulent acheter des oeuvres d'art Chaque chambre y a été décorée par un artiste différent, on y loue des studios pas chers pour les artistes «Il y a un nombre incroyable d'artistes émergents ici, note Chris Mitchell, du Gladstone. Il y a bien assez de place pour deux hôtels comme les nôtres.»
Et il y a aussi assez d'argent pour faire bouger la scène des arts visuels, estime Stephen Bulger, propriétaire de la galerie Stephen Bulger, spécialisée en photos, et qui gère Camera, la salle de projection-bar du célèbre réalisateur torontois Atom Egoyan.
Architecture en mouvement
Pendant que Montréal discute de l'avenir de son conseil d'agglomération et de répartition des responsabilités entre villes fusionnées et défusionnées, Toronto aménage des parcs et des places
Actuellement, la ville est remplie de grues qui érigent des logements en plein centre-ville et ses grandes institutions culturelles sont en chantier. À la Art Gallery of Ontario, le célèbre architecte Frank Gehry, à qui l'on doit notamment le musée Guggenheim de Bilbao, supervise un projet d'agrandissement dépassant les 200 millions. Au Royal Ontario Museum, c'est Daniel Liebskind, le gagnant du concours pour le réaménagement de Ground Zero, à New York, qui pilote le projet de rénovation de 230 millions. Un nouveau complexe de spectacles a aussi vu le jour en 2006, le Four Seasons Center for the Performing Arts, pour l'opéra et le ballet notamment, construit à hauteur de 180 millions. Et c'est sans parler du musée Gardiner qui vient d'être rénové, et du véritable laboratoire architectural qu'est devenu l'Université de Toronto.
Toronto investit aussi dans ses espaces publics, comme le nouveau parc HtO, aménagé au le bord du lac Ontario, où sont plantés des dizaines de parasols en aluminium, ou alors le Yonge-Dundas Square, que la Ville veut transformer en une sorte de Times Square torontois, avec des écrans futuristes, très Shibuya.
Côté urbanisme et architecture, T.O. bouge, c'est frappant.